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Collection d’antiquités de l’Iran à Byzance

 
Les populations du Moyen Orient sont précoces, dès le VIIe millénaire avant notre ère, dans l’emploi de l’argile comme matière première de leur quotidien : pour fabriquer des briques et bâtir leurs maisons, pour modeler, mouler ou tourner leurs ustensiles quotidiens ou encore pour écrire avec un calame.
 
La Cité de la céramique conserve une des plus anciennes céramique tournée, celle de Suse I (Iran), jadis appelée « coquille d’œuf », couverte d’un décor géométrique inspiré de la nature et du monde animal. Vers 4000 av. J.-C., la première production d’une céramique rouge à col noir apparait dans les cimetières prédynastiques d’Egypte, civilisation dite de Nagada : les vases polis avant cuisson sont couverts en partie d’oxydes métalliques, le col noir est obtenu par enfumage. En même temps, sont confectionnés des vases à décor rouge simple (motifs géométriques, animaux, végétaux) ou complexe (scènes animées). Les régions d’Egypte, Mésopotamie, Iran… emploient déjà la « tournette » pour monter les vases.
 
A Chypre, plaque tournante du monde méditerranéen, sont révélées des techniques diverses : aux époques du Bronze ancien (entre 2600 et 2000 av. J.-C.) et du Bronze moyen (entre 2000 et 1600 av. J.-C.), les potiers polissent la surface des vases et incisent de fines lignes pour créer le décor des vases et des figurines, comme dans les Cyclades.
 
En Anatolie (Turquie actuelle), les habitants de Yortan polissent la surface des céramiques.
La fin du deuxième millénaire voit des avancées techniques importantes : l’emploi du tour rapide et le perfectionnement de la technique du verre et de la « faïence ».
 
Les Mycéniens (1500-1150 av. J.-C.) élaborent une céramique raffinée : la pâte très fine ocre reçoit un décor noir inspiré de la nature.
 
Au Nouvel Empire (1550-1069 av. J.-C.), les égyptiens fabriquent des « produits de luxe » pour leurs temples ou leurs tombes : des figurines bleu-turquoise créées avec une pâte siliceuse (quartz, silex, sable, sans argile), cuite entre 900 et 1 000° C, conçue dès le troisième millénaire puis perfectionnée aussi bien au Moyen Orient qu’en Egypte, habituellement appelée « faïence antique », recouverte d’une glaçure (animaux, dieux, amulettes, moulés). Ils créent encore des vases peints très colorés décorés d'une peinture posée après cuisson, très fragile qui exclut tout usage quotidien.
 
A partir de 1000 av. J.-C., les inventions en matière de céramique sont plus particulièrement remarquables en Occident, en Etrurie (technique de l’impasto au IXe – VIIIe siècle et le bucchero entre 675 et 575 av. J.-C.), d’abord et surtout en Grèce.
Après les périodes géométrique (IXe, VIIIe siècles, grands cratères à décor géométrique), archaïque (700-500 av. J.-C.), orientalisante (700-600 av. J.-C.), le classicisme triomphe. Vers 760 av. J.-C. à Corinthe, les « vases rouges à figures noires » apparaissent : le peintre dessine le décor sur le fond ocre de l’argile avec un « vernis » qui devient noir à la cuisson. Puis vers 530, à Athènes, les peintres inversent le procédé, le décor est en « réserve » par rapport à la surface du vase qui lui reçoit le « vernis » noir ; on parle alors des « vases noirs à figures rouges ».
La perfection de cette céramique a fait l’objet de nombreuses recherches sur le « vernis » et sur la cuisson qui se déroule en trois étapes (cuisson en réduction, puis en oxydation et, une dernière fois, avec une température baissée).
Les artisans de l’époque hellénistique (après 323 av. J.-C.) conçoivent eux une nouvelle glaçure plombifère et des figurines en terre cuite polychrome exceptionnelles (en particulier à Tanagra).
 
La Manufacture de Sèvres a reçu en 1786 l’exceptionnelle collection du baron Dominique-Vivant Denon, achetée à Louis XVI et confiée à Sèvres pour servir de modèles antiques à ses céramistes.
 
Pour plus d'information sur la collection du baron Dominique-Vivant Denon,
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L’évolution des formes et des décors permet de replacer les couches archéologiques dans le contexte général du monde antique : élément primordial de datation pour un archéologue, la céramique est le fil conducteur de la recherche sur les chantiers de fouilles. Alexandre Brongniart a compris très tôt que le Musée de céramique pouvait être un lieu de références pour les archéologues travaillant sur les techniques céramiques, il l'enrichit de nombreuses collectes archéologiques du Moyen Orient à la France.
 
Sèvres est riche de collections antiques depuis la période gallo-romaine au haut moyen-âge : inspirée de productions romaines, plusieurs ateliers de potiers de l’empire romain créent une « céramique sigillée », moulée, très rouge, riche en oxydes de fer, portant un décor inspiré le plus souvent de la mythologie antique.
 
La période mérovingienne (du Ve au VIIIe siècle) semble avoir oublié toute la technicité antique et se caractérise par une céramique grise au décor finement incisé souligné par une pâte blanche, au moment où on peut imaginer un commerce maritime important des céramiques à glaçure byzantines. Plus tard les potiers des débuts du Moyen âge produisent simultanément une céramique tournée à décor flammulé peint et un céramique glaçurée (Cf. Les terres vernissées).
 

 
Quelques pièces en provenance de Chypre :Vase dit « aux boulangères », vers 2000-1600 av. J.-C. ép. Bronze moyenCalice, vers 1400- 1100 av. J.-C. ép. Mycénienne
 
Quelques pièces en provenance d'Orient :Boisseau, Iran, période I, vers 3500- 3000 av. J.-C.
 
Quelques pièces en provenance d'Égypte :Coupe fragmentaire peinte, avec la tête de la déesse Hathor, ép. du Nouvel Empire égyptien, vers 1500-1300 av. J.-C.Série de quatre « serviteurs funéraires » (chaouabtis/oushebti) en « pâte siliceuse à glaçure » dite « faïence égyptienne » de différentes périodes, du Nouvel Empire égyptien à la Basse époque, entre 1400 et 300 av. J.-C.
 
Quelques pièces en provenance de Grèce :Pyxis, ou boite décorée d’une frise d’oiseaux, style corinthien ancien, vers 625- 600 av. J.-C.Plat aux poissons, vers 350-325 av. J.-C., collection DenonCratère « à rouleaux » décoré d’un visage de profil et d’une scène montrant Léda et le cygne, cratère inachevé, vers 390- 300 av. J.-C., collection Denon
 
Quelques pièces en provenance de Rome et de l'empire Gallo-Romain :Coupe sur pied dite sigillée, provenant d’Italie du nord ou du sud de la France, 1er quart du Ier siècle ap. J.-C.