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Terres vernissées

 
Grâce à la volonté d'Alexandre Brongniart de réunir au Musée tous les types de production en matière de céramique et de verre, des arts considérés comme populaires ont été également collectés alors que d'autres institutions ne les prenaient pas en compte. Le patrimoine de Sèvres est riche d'une grande collection de poteries vernissées de toutes époques, de tous les continents et de toutes les régions de France ; mais aussi des pièces de nombreux céramistes contemporains travaillant selon cette technique.
 
Coupe sur pied avec un décor a sagraffiato d’un personnage debout, provenant de Chypre, ép. byzantine, fin XIIe – début XIIIe s.
 
La céramique vernissée est une poterie recouverte d'une glaçure composée de sels de plomb (ils permettent d'abaisser la température de cuisson à 1 040° C), colorée grâce à des oxydes métalliques et cuite en atmosphère oxydante ; la glaçure rend le récipient imperméable.
 
Le décor est réalisé au pinceau, à la corne, à la pointe ou moulé. Les premières glaçures plombifères remontent à l'époque hellénistique (IVe siècle av. J.-C.) et sont utilisées par les potiers gallo-romains ; puis la technique est oubliée en Occident et ne réapparait qu'au début du Moyen-âge, sans doute sous l'influence de Byzance.
 
Ensemble de pichets en terre vernissée, XIVe s.
 
Les productions les plus remarquables des XIIIe et XIVe siècles sont celles des régions parisienne et normande. Sont réunies à Sèvres des céramiques provenant des fouilles pratiquées à Paris du XIXe aux années 1990 : des pichets, coquemars, oules, chevrettes, poelons, tasses, terrines, lèchefrites, tirelires et aussi des carreaux de pavement, aux couleurs vertes, jaunes, ocres.
 
Panneau de carreaux de pavement avec des scènes de genre provenant du château d’Hermelingen, XIVe–XVe s.
 
À partir du XVIe siècle, à l'époque de la Renaissance, des potiers parisiens transposent la technique traditionnelle pour créer des oeuvres originales comme les « pots grotesques ». Le céramiste de génie de la Renaissance, demeure Bernard Palissy (1510-1590) ; il fait des recherches sur la technique, les couleurs, les décors et crée des plats envahis d'animaux et de végétaux. Catherine de Médicis lui commande une « grotte rustique pour ses jardins des Tuileries ». Au XVIe siècle, les potiers du Beauvaisis jouent sur le décor au « sgraffiato », hérité de Byzance, pour créer des céramiques réputées, diffusées par colportage. Les potiers du Pré d'Auge ou de Manerbe n'ont rien à leur envier ; leurs céramiques d'usage quotidien, les céramiques architecturales (carreaux de pavement, épis de faitage) sont achetées jusqu'à Paris.
 
Pour plus d'information sur Bernard Palissy,
Téléchargez le dossier suivant Qui est Bernard Palissy ? - PDF - 5 mo
 
Au XVIIe siècle, partout en France, la terre vernissée est utilisée pour des grands plats d'apparat lors des fêtes religieuses ou autres commémorations. Les potiers de Saintonge, réunis à proximité de Saintes, renouvellent le répertoire des formes (plus complexes) et des couleurs : ils excellent dans le décor moulé.
 
Le Maine, les potiers de Ligron, réalisent à l'image des grands retables des églises de Mayenne, des retables portatifs au décor moulé et estampé.
Le Nord de la France, Englefontaine, Sorrus, Desvres s'illustrent dans une production de grande qualité et des pièces de forme exceptionnelles.
Le Sud de la France est sous l'influence des importations méditerranéennes, via le commerce maritime : notons en Provence, les ateliers d'Aubagne, de Marseille ; en Dauphiné, les ateliers de la Drôme (Dieulefit...) ; ou dans le sud-ouest, la fabrique de Giroussens. Ces centres de productions sont très florissants jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, moment où les terres vernissées laissent progressivement la place aux faïences et porcelaines.
 
Au XIXe siècle, les centres traditionnels continuent à fabriquer des séries à usage domestiques même si l'industrialisation commence à prendre le pas sur la production artisanale. La technique de la terre vernissée de Savoie atteint son apogée à cette période grâce à l'arrivée de céramistes allemands : un décor discret et intemporel, inspiré du milieu naturel apparait.
 
La collection de Sèvres s'est considérablement enrichie à partir du milieu du XIXe siècle, grâce aux nombreuses collectes dont la base est « l’enquête des préfets » menée dans les années 1800, réalisées par des savants-voyageurs, dans le monde entier, mais aussi grâce aux expositions universelles organisées par Paris. C'est ainsi que la collection compte des productions de cette période pour la Russie, la Pologne, la Hongrie, le Portugal, l'Espagne...
 

 

Les grès en Occident

 
Le grès composé essentiellement de silice et d’argiles cuites à haute température (1 150° C) est une pâte imperméable. La fabrication des pichets dits « Jacoba-Kanne », datés de la première moitié du XVe siècle, qualifiés de « grès primitifs », sont les premiers témoignages d’une réussite technique de cuisson à très haute température en Allemagne (Siegburg). C’est à peu près au même moment que la région du Beauvaisis commence une production similaire.
 
A propos de la collection de céramiques populaires russes du Baron de Baye... - Téléchargez l'information - PDF - 100 Ko
 
Quelques terres vernissées :Figurine de femme portant un enfant, Russie, XIXe s.Plat avec Sainte Catherine, Rhin inférieur, daté de 1764.Fontaine surmontée d’un personnage, avec sa vasque en forme de coquille, céramiste Guimonneau de la Forterie, Coucelles-la-Forêt, XVIIIe s.Chapiteau décoré de coquillages…, fragment probable de la grotte de Palissy commandée par Catherine de Médicis pour les Tuileries, XVIe s.Surtout de table en forme d’architecture, Maine, XVIIIe s.Musicien assis jouant un instrument à vent, Beauvaisis, XVIe s.Gourde en grès azuré aux armes de France, Beauvaisis,XVIe s.Gourde en grès azuré aux armes de France, Beauvaisis,XVIe s.Pichet dit « Jacoba », grès, Rhénanie, Siegburg, milieu du XVe s.