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Collections de porcelaines européennes

 
La collection de porcelaines européennes comporte de nombreux chefs-d’œuvre et offre un large aperçu des productions des différentes manufactures et ce, depuis les premiers essais connus, comme les neuf « porcelaines des Médicis », réalisées à Florence entre 1575 et 1600 (seulement une soixantaine de pièces sont aujourd'hui conservées).
 
Manufacture royale de Vincennes, Bouquet de fleurs dans une jardiniere, porcelaine tendre, vers 1752, MNC 25058, (C) RMN - © Martine Beck-Coppola
 

 

La porcelaine tendre, création européenne

 
Les vitrines présentent les premières porcelaines tendres réalisées à Rouen par Louis Poterat, puis à Saint-Cloud, dès la fin du XVIIe siècle et au début du XVIIIe siècle. C’est avec cette dernière que la porcelaine tendre prend véritablement son essor en France, grâce à la protection du duc d’Orléans, frère de Louis XIV.
 
Les formes créées sont d’une grande variété. On lui doit notamment l’invention de la fameuse tasse trembleuse, encastrée dans sa soucoupe à galerie. La présentation illustre l’évolution des types de décors, d’abord en camaïeu bleu à motifs de lambrequin, puis les blancs imitant les productions chinoises et la polychromie introduite dans les années 1720. Suivent également les manufactures de Chantilly (entre 1730 et 1745) et Mennecy.
 
Les productions de la Manufacture de Vincennes, créée en 1740, devenue Sèvres en 1756, sont des pièces incontournables des collections, fleuron de la création française. Les vases à fond coloré en bleu ou en vert, les plats bleu turquoise (dit bleu « céleste ») du service de Louis XV, les statuettes en biscuit réalisées d'après des modèles des plus grands artistes sont quelques-uns des chefs-d’œuvre de la porcelaine mondiale.
 

Pour plus d'information sur le service de Marie-Antoinette pour la Laiterie de Rambouillet
 

La porcelaine tendre est également représentée par les principales manufactures étrangères. A Naples, la Manufacture de Capodimonte, fondée en 1743 à la demande de Charles de Bourbon, roi de Naples illustre le style dit « rococo » dans une veine plus chargée que ses contemporaines françaises. Devenu roi d’Espagne en 1759, Charles III fait transférer sa manufacture à Madrid, dans le parc du palais de Buen Retiro.
 
De composition différente, la pâte tendre anglaise est appelée Bone China, du fait de la présence d’os de bétail calciné, utilisés comme fondant. On doit la paternité de cette formule à la fabrique de Bow. La Manufacture la plus importante était celle de Chelsea, surtout connue pour ces statuettes à la fois naïves et charmantes.
 

 

La porcelaine dure et l'Occident, la fin d'un mystère

 
La Manufacture de Meissen, créée en 1710 et figure de proue de la porcelaine dure européenne est également bien représentée dans la collection, avec notamment cinq animaux, réalisés dès les années 1730 pour le fastueux Palais Japonais d'Auguste le Fort à Dresde. Première à avoir découvert le secret de la « vraie » porcelaine, elle est suivie par d’autres centres de production germaniques, Vienne, Berlin ou Frankenthal.
 
On peut également citer l’exemple de la Russie, avec en particulier la Manufacture impériale de Saint-Petersbourg, fondée en 1744.
 
En France, l’histoire de la porcelaine dure commence avec la découverte en 1768 d’un gisement de kaolin à Saint-Yrieix près de Limoges. La Manufacture de Sèvres produit quelques pièces, notamment le service de Marie-Antoinette pour la laiterie de Rambouillet, mais ce sont surtout les manufactures parisiennes qui ont la production la plus représentative au tournant du siècle. Elles créent des œuvres d’un style néo-classique raffiné, notamment la fabrique de Dagoty, favorite de l’impératrice Joséphine.
 

Manufacture royale de Sevres, Vase cratere, porcelaine dure, medaillons en cristal avec 
incrustations de portraits, 1825, MNC 27678 
(C) RMN - © Martine Beck-Coppola
 

A Sèvres, dès 1804, Alexandre Brongniart abandonne la production de porcelaine tendre au profit de la pâte dure, moins coûteuse. Les œuvres réalisées à Sèvres aux XIXe et XXe siècles, comme le vase de Neptune (le plus grand jamais créé) témoignent des innovations et prouesses techniques de la Manufacture jusqu'à nos jours.
 

Quelques pièces de porcelaines dures et tendres :Manufacture de Saint-Cloud, Boite a savon, decor de lambrequins en camaieu bleu, porcelaine tendre, vers 1720-1730, MNC 1418 (C) RMN - © Martine Beck-CoppolaManufacture royale de Sevres, La Feuille a l'envers, modele d'Etienne-Maurice Falconet (1716-1791), d'apres Francois Boucher (1703-1770), biscuit de porcelaine tendre, vers 1760, MNC 22450 (C) RMN - © Martine Beck-Coppola Manufacture royale de Vincennes, Plat ovale du service de Louis XV, fond bleu celeste, porcelaine tendre, 1753, MNC 24777 (C) RMN - © Martine Beck-CoppolaManufacture imperiale de Sevres, Assiette du service pompeien du prince Napoleon, modeles de Jules-Pierre-Michel Dieterle (1811-1889), porcelaine dure, 1856, MNC 26642 (C) RMN - © Martine Beck-CoppolaManufacture de Meissen (Saxe), Vase (d'une paire) dit Boules de neige, decore de fleurs et d'oiseaux, porcelaine dure, vers 1740-1750, MNC 469.19 
(C) RMN - © Martine Beck-CoppolaManufacture de Capodimonte (Italie), Console provenant du cabinet chinois de Portici, porcelaine tendre, vers 1756-1758, MNC 4423Manufacture Dagoty (Paris), Cabaret de style pompéïen, porcelaine dure, vers 1810, MNC 26368