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Le verre dans les collections de la Cité de la céramique

 
La constitution de la collection
 
Si la céramique prédomine sans aucun doute dans les collections de Sèvres - Cité de la céramique, il convient de souligner que l'établissement conserve de nombreux verres de l'Antiquité à nos jours et parmi eux d'incontestables chefs d'oeuvre.
 
La porcelaine - qui est la moins poreuse des céramiques - et le verre sont des matériaux très proches. Alexandre Brongniart, directeur de la Manufacture de Sèvres dans la première moitié du XIXe siècle, l'avait bien compris lorsqu'il créa en 1824 leMusée Céramique et Vitrique.
 
Des personnalités comme Boucher de Perthes ou le baron Taylor rapportèrent pour le Musée des verres trouvés lors de leurs fouilles ou de leurs voyages ; les directeurs de différentes manufactures firent des dons et Brongniart en acheta lui-même en France et à l'étranger.
La collection s'est enrichie par la suite et compte actuellement près de 600 verres intacts, dont certains d'une très grande rareté.
 
Rappelons que le verre est un mélange de silice, l'élément vitrifiant, de soude ou potasse fondant qui rend le produit malléable et de chaux qui rend plus résistant le mélange fragilisé par les fondants.
 
Flacons aux oiseaux affrontés, verre émaillé, MNC8482
Flacon aux oiseaux, verre émaillé, XVIe siècle. Collection Sèvres - Cité de la céramique MNC8482. © RMN (Sèvres – Cité de la céramique) / Martine Beck-Coppola
 

Quelques repères historiques
 
Apparu à peu près simultanément en Mésopotamie et en Egypte au IIe millénaire avant notre ère, le verre est d'abord travaillé par enroulement de filets préfabriqués autour d'un noyau de terre refractaire. Il s'agit alors d'un matériau de très grand luxe.
 
Une invention capitale a lieu au Ier siècle avant notre ère dans la région syro-palestinienne : le soufflage du verre. Dès lors les formes se multiplient, les tailles augmentent et tout l'Empire romain connaît un engouement pour le nouveau procédé qui permet l'emploi de tous types de décors.
 
Après cette période d'apogée, le verre entre dans une période de déclin. Il reste peu de verres du Moyen-Age et l'on doit attendre le XVe siècle pour pouvoir juger du remarquable renouveau qui se produit alors à Venise. Par analogie avec le cristal de roche, on nomme "cristallo" le verre transparent soufflé et travaillé à la pince, dont les Vénitiens font de délicats gobelets, coupes, verres à jambe... La verrerie vénitienne décline à son tour au XVIIIe siècle (avant de renaître au XXe) mais la technique des Vénitiens avait fait des émules et dans toute l'Europe, on travailla dès la fin du XVIe siècle "à la façon de Venise".
 
Une autre "façon" apparaît au XVIIe siècle, dans laquelle triomphe la Bohême qui met au point un verre potassico-calcique plus lourd que le verre à la soude de Venise et que l'on peut donc tailler et graver à la roue. Elle est adoptée dans toute l'Europe, de la Suède à l'Espagne en passant par la Lorraine, l'Allemagne ou la Silésie.
 
C'est à l'Angleterre que l'on doit, à la fin du XVIIe, l'invention du cristal (verre contenant une importante proportion d'oxydes de plomb, très pur et plus lourd que le verre blanc) dont l'éclat incomparable se révèle particulièrement quand il est taillé. Il envahit rapidement tous les domaines de la décoration.
 
Coupe Baguier, verre de couleur, cristallerie Choisy le Roi, XIXe, MNC2724
Coupe Baguier, verre de couleur, manufacture de Choisy-le-Roy (1821-1851). Collection Sèvres - Cité de la céramique MNC2724. © RMN (Sèvres – Cité de la céramique) / Martine Beck-Coppola
 

En France, le nom de Bernard Perrot, verrier d'origine italienne installé à Orléans, brille d'un éclat particulier la fin du XVIIe siècle, mais c'est à partir du moment où la verrerie royale de Saint-Louis découvre le cristal en 1781, sans doute en en obtenant le secret auprès de transfuges anglais, que notre pays s'illustre véritablement dans l'art du verre.
Saint-Louis est suivie dans cette voie par d'autres manufactures dont la plus célèbre est celle de Baccarat qui commence à partir de 1819 à produire du "verre au plomb façon d'Angleterre".
 
Sous la Restauration, on assiste à une importante production de vases et objets de toilette en verre ou en cristal opalin aux teintes délicates.
 

Dans les années 1880, Henri Cros suivi par d'autres, font de la pâte de verre leur matériau de prédilection. Les verriers Art Nouveau, Emile Gallé, Antonin Daum... créent à partir du règne végétal, un univers à la polychromie intense, d'une rare poésie.
 
A l'époque Art Déco domine le nom de René Lalique dont la production considérable, fabriquée en série et par moulage mais de grande qualité, rencontra un succès exceptionnel.
 
Bonbon, Erik Dietman, verre, SCC2010-5-2
Bonbon, Erik Dietman, verre, 1993-97.Collection Sèvres - Cité de la céramique SCC2010-5-2. © RMN (Sèvres – Cité de la céramique) / Martine Beck-Coppola
 
La collection de verre contemporain s'est développée à partir des années 1980 et compte aussi bien des oeuvres de designers (Borek Sipek), de maîtres verriers (Antoine Leperlier, Isabelle Monod), d'artistes plasticiens (Jean-Michel Alberola, Erik Dietman) que de céramistes ayant recours au verre (Edmée Delsol, Bernard Dejongue), témoignant de multiples approches du verre aujourd'hui.
La scène internationale est représentée par des artistes d'origine géographique diverses (Rachael Woodman, Mieke Groot, Christiano Bianchin).
 

Quelques verres :verre à jambes (verre calcédoine), venise, fin XVIeFlacons aux oiseaux affrontés, verre émaillé, MNC8482Verre à jambe en forme de balustre, début XVIIIe siècleCoupe Baguier, verre de couleur, cristallerie Choisy le Roi, XIXe, MNC2724Sculpture Circé, Henri Cros, 1889Coupe hémisphérique, première moitié du XIXe siècle, Plaine - de - WalschJatte caphots, François Decorchemont, 1921Bonbon, Erik Dietman, verre, SCC2010-5-2Coupe à décor  d'inclusions, Rachael Woodman, 2e moitié du XXe