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Une création d'exception : le Vaisseau à mât Pompadour



Sèvres – Cité de la céramique se lance un nouveau défi à la mesure de ce qui fait sa renommée en terme de savoir-faire et d’exception. Elle a « l’audace » de produire à nouveau l’une des plus extravagantes et emblématiques oeuvres jamais réalisées à la Manufacture : Le Vaisseau à mât.
 

 
Plus de 250 ans après l’édition originale acquise par Madame de Pompadour en 1760, Sèvres édite nouvellement le Vaisseau à mât dans sa version à fond rose et décor chinois, d’après la pièce historique conservée au musée du Louvre.
 
Vaisseau à mât Pompadour, édition 2016. cartel chinoiserievaisseau à mât Pompadour, édition 2016. cartel chinoiserie. (C) Lorenz Cugini
Vaisseau à mât Pompadour, édition 2016 - Porcelaine tendre. (c) Lorenz Cugini.
 
Plusieurs années de recherches techniques sur la forme et les couleurs ont été nécessaires pour réaliser cette prouesse technique qui fait appel à un très grand nombre de savoir-faire exercés dans les 27 ateliers de la Manufacture, en particulier les ateliers du plâtre, du petit coulage et ceux mettant en œuvre la décoration.
Si le modèle en plâtre original est toujours conservé dans les collections, ce n’est pas suffisant pour produire une nouvelle édition. Il a fallu retrouver des gestes oubliés, en inventer de nouveaux et toute l’intelligence de la main des artisans pour créer cette pièce exceptionnelle.
 
Vaisseau à mât Pompadour, édition 2016. vue de côté (c) Lorenz Cugini
Vaisseau à mât Pompadour, édition 2016 - Porcelaine tendre. (c) Lorenz Cugini.
 
Au XVIIIe siècle, il faisait office de diffuseur à parfums. Acquis par Madame de Pompadour directement auprès de la Manufacture le 30 mai 1760, les couleurs et décors de cette pièce - également appelée vaisseau à pot-pourri - s’accordaient harmonieusement aux fastueux intérieurs conçus comme de véritables œuvres d’art pour la marquise.
Objet de délectation et d’usage, il était la pièce centrale d’une riche garniture de cheminée pour son Hôtel d’Évreux, l’actuel Palais de l’Élysée.
 
De style rocaille alors en vogue, sa forme créée en 1757 par l’orfèvre du Roi Jean-Claude Duplessis évoque les nefs d’orfèvrerie des tables royales. Les ajours ménagés dans la partie supérieure amovible et le corps de la pièce permettent la diffusion des parfums. Le décor est inspiré d’une gravure intitulée Le Thé, du plus grand peintre français de l’époque, François Boucher. Exécuté par Charles-Nicolas Dodin, peintre réputé de Sèvres, il met en scène des chinoiseries, dont il s’était fait une spécialité.
 
Sur les douze exemplaires produits entre 1757 et 1764 à la Manufacture de Sèvres, avec des décors différents, seuls dix vaisseaux à mât existent encore aujourd’hui. Ils figurent dans les plus grandes collections du monde (musée du Louvre, Paris - Wallace Collection, Londres - Waddesdon Manor, Royaume-Uni - Royal Collection, Buckingham Palace - Metropolitan Museum of Art et Frick Collection, New York - Walters Art Gallery, Baltimore - J.Paul Getty Museum, Los Angeles).
 
Cette œuvre inégalée née au siècle des Lumières n’a rien perdu de sa force et incarne un art de vivre à la française, réel ou fantasmé : un moment d’histoire du patrimoine matériel et immatériel de Sèvres. Un tel défi répond à des enjeux multiples, de création et de transmission.
 
Le vaisseau à mât Pompadour a été présenté lors des Journées Européennes du Patrimoine 2016.
 

Informations :
Direction du développement culturel et de la communication
Mél. : info@sevresciteceramique.fr
 
 


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